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Restaurant : êtes-vous prêt pour le 1er septembre 2026 ?

Facture électronique, NF525, additions clients : ce qu'un restaurant doit réellement avoir fait avant septembre 2026, et ce qui peut attendre l'an prochain.

Restaurateur vérifiant ses factures fournisseurs au comptoir avant le service du soir, carnet et tablette posés devant lui

Un restaurant qui veut être en règle le 1er septembre 2026 a une seule chose à faire : s’assurer qu’il peut recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs. Rien d’autre.

L’obligation d’émettre vos propres factures arrive le 1er septembre 2027. Vos additions clients, elles, ne sont même pas concernées par cette réforme. Le décalage compte. Le secteur cumule en ce moment deux réformes distinctes que tout le monde mélange. Et cette confusion pousse des gérants à acheter des solutions dont ils n’ont aucun besoin.

La confusion à dissiper d’abord : NF525 et facture électronique

Ce sont deux obligations différentes, avec deux objets différents.

La NF525 encadre votre logiciel de caisse. Elle garantit que les encaissements ne peuvent pas être modifiés après coup. Elle vous concerne parce que vous vendez à des particuliers, en salle et à emporter.

La facturation électronique encadre les factures échangées entre entreprises. Elle ne regarde pas votre caisse mais votre relation avec vos fournisseurs et avec vos clients professionnels.

Un restaurant peut être irréprochable sur la première et complètement démuni sur la seconde. Ce sont deux chantiers à mener en parallèle, pas un seul.

Sur la NF525, un revirement mérite votre attention, car beaucoup de contenus en ligne sont périmés.

La loi de finances pour 2025 avait supprimé l’auto-certification, avec effet au 1er septembre 2026. Seul un certificat délivré par un organisme accrédité aurait alors prouvé la conformité. Cette mesure a été annulée. L’article 125 de la loi du 19 février 2026 a rétabli le mécanisme d’auto-certification.

Concrètement, vous pouvez aujourd’hui justifier votre conformité de deux façons : un certificat délivré par un organisme accrédité, AFNOR Certification ou le LNE, ou une attestation individuelle de votre éditeur. Les obligations de fond n’ont pas changé pour autant : inaltérabilité, sécurisation, conservation et archivage des données restent exigés, et l’amende atteint 7 500 € par système non conforme.

Le 1er septembre, vous devez pouvoir recevoir

Recevoir ne signifie pas ouvrir un PDF dans sa messagerie. C’est justement ce que la réforme fait disparaître entre professionnels.

Une facture électronique circule par une plateforme agréée par l’administration fiscale, dans un format que votre logiciel lit tout seul. Le PDF envoyé par courriel cesse d’être une facture valable dans les échanges entre entreprises assujetties.

Il vous faut donc un point d’entrée. Soit vous vous raccordez directement à une plateforme agréée, soit votre logiciel de caisse ou votre outil comptable s’en charge parce qu’il s’y est déjà connecté. Le calendrier détaillé et le fonctionnement général sont expliqués dans notre guide de la facture électronique pour les indépendants.

En restauration, le volume est le vrai sujet

C’est là que votre métier se distingue d’un cabinet de conseil ou d’une boutique.

Un restaurant reçoit des factures tous les jours. Le grossiste alimentaire, le fournisseur de boissons, le poissonnier, le maraîcher, la blanchisserie, la maintenance de la chambre froide. Certains livrent trois fois par semaine et facturent à chaque passage.

Ce flux quotidien est précisément celui qui va basculer en premier. Les grands fournisseurs et les centrales d’achat émettent en électronique dès le 1er septembre 2026, parce que leur taille les y oblige. Vous ne choisissez pas le moment : ce sont eux qui déclenchent le mouvement.

Un restaurant sans point de réception au 1er septembre ne recevra pas une amende. Il recevra du désordre. Des factures qui n’arrivent pas dans un circuit exploitable, une TVA déductible difficile à justifier, et un expert-comptable qui facture des heures de reconstitution en fin d’exercice.

Vos additions ne sont pas des factures

Beaucoup de gérants imaginent devoir produire une facture électronique par couvert. Ce n’est pas le cas.

Une addition remise à un client particulier est une note. Elle sort de votre caisse, elle relève de la NF525, et elle ne rentre pas dans le périmètre de la facturation électronique.

Vos ventes aux particuliers relèveront d’un dispositif distinct, le e-reporting. Il transmet des données agrégées par journée : la date, le total hors taxes et la TVA, ventilés par taux. Pas de détail par table. Pas de nom de client. Votre caisse produit déjà ces chiffres pour votre déclaration de TVA, et le sujet ne se posera qu’au 1er septembre 2027.

Si la ventilation par taux vous semble fragile chez vous, c’est un signal à traiter maintenant. Elle est au cœur des redressements en restauration, et nous l’avons détaillée dans notre guide de la TVA en restauration.

Le cas des repas d’affaires et des séminaires

Voilà l’angle mort de la plupart des restaurateurs.

Quand une entreprise vous demande une facture à son nom pour un repas d’affaires, un séminaire ou une privatisation, vous réalisez une opération entre professionnels. Ce n’est plus une addition, c’est une facture au sens strict.

Aujourd’hui vous la produisez comme vous voulez. À compter du 1er septembre 2027, ces factures devront transiter par une plateforme agréée et porter les nouvelles mentions obligatoires, à commencer par le numéro SIREN de votre client.

Cette part d’activité paraît marginale. Elle ne l’est pas toujours. Un établissement situé dans une zone de bureaux peut réaliser une fraction significative de son chiffre en clientèle d’entreprise, et c’est cette fraction qui demandera le plus d’adaptation.

Le réflexe à prendre dès maintenant est simple : commencez à collecter le SIREN de vos clients professionnels réguliers. Vous en aurez besoin, et le recueillir à froid est plus confortable que de courir après en 2027.

Livraison et titres-restaurant : deux flux à ne pas oublier

Deux catégories d’opérations passent souvent sous le radar, alors qu’elles sont pleinement en B2B.

Les plateformes de livraison d’abord. Quand vous travaillez avec un service de commande en ligne, la plateforme vous facture une commission. Cette facture de commission est une opération entre professionnels, et elle basculera en électronique. Les grandes plateformes relèvent des entreprises tenues d’émettre dès le 1er septembre 2026. Autrement dit, vous recevrez leurs factures en électronique avant même d’avoir à produire les vôtres.

Le même raisonnement vaut pour les titres-restaurant. L’émetteur qui vous rembourse prélève une commission et vous adresse un décompte. Ce flux est professionnel, donc concerné.

Ces deux exemples illustrent un point que beaucoup de gérants découvrent tard. La réforme ne se limite pas au grossiste alimentaire. Elle touche tout ce qui entre dans votre comptabilité avec un SIREN en face. Y compris les prestataires que vous ne rangez pas dans la catégorie fournisseurs : logiciel de réservation, plateforme d’avis, assurance, maintenance, comptable.

Faites la liste. Elle est plus longue que l’idée que vous en avez, et c’est elle qui détermine le volume de factures électroniques que vous recevrez à la rentrée. Le sujet rejoint celui des frais d’encaissement, que nous abordons dans notre article sur les moyens de paiement.

Ce que votre caisse doit savoir faire

Posez trois questions à votre éditeur, et exigez des réponses écrites.

La première porte sur la NF525 : de quel justificatif de conformité je dispose, certificat d’organisme accrédité ou attestation d’éditeur, et pouvez-vous me l’envoyer. La deuxième porte sur la réception : pourrai-je recevoir mes factures fournisseurs via votre solution à partir de septembre 2026. La troisième porte sur l’échéance suivante : quelle est votre feuille de route pour l’émission et le e-reporting de septembre 2027.

Un éditeur sérieux répond sans détour à ces trois points. Une réponse évasive sur la troisième question mérite votre attention, car elle annonce souvent un changement de solution dans l’année. Nos critères de choix d’un système de caisse sont détaillés dans cet article.

Le calendrier réel, pour un restaurant

Au 1er septembre 2026, vous devez pouvoir recevoir. C’est votre seule obligation nouvelle cette année, et elle se règle en général par un appel à votre prestataire actuel.

Au 1er septembre 2027, vous devrez émettre vos factures professionnelles par une plateforme agréée et transmettre vos données de vente en e-reporting. C’est l’échéance qui demandera du travail, de la formation et probablement une évolution de vos outils.

Entre les deux, vous avez douze mois pour observer ce que font vos confrères et laisser le marché des plateformes se décanter. Rien n’impose de tout régler cet été.

Ce qu’il faut retenir

Le sujet est réel, le calendrier est plus clément que la rumeur ne le dit, et l’essentiel se joue en trois appels téléphoniques.

Quatre actions avant le 1er septembre :

  1. Réclamez le justificatif de conformité de votre caisse, certificat ou attestation d’éditeur, et rangez-le. L’amende atteint 7 500 € par système.
  2. Obtenez par écrit de votre éditeur ou de votre expert-comptable la confirmation que vous pourrez recevoir les factures fournisseurs en septembre.
  3. Commencez à collecter le SIREN de vos clients professionnels réguliers, entreprises et comités d’entreprise.
  4. Prévenez vos gros fournisseurs que vous êtes prêt à recevoir en électronique, et demandez-leur leur date de bascule.

Le reste attend 2027. Notez la date, et retournez en cuisine.

Questions fréquentes

La NF525 et la facture électronique, est-ce la même obligation ?

Non, ce sont deux réformes distinctes qui n'ont ni le même objet ni le même calendrier. La NF525 encadre votre logiciel de caisse et vos encaissements auprès des particuliers. La facturation électronique encadre les échanges de factures entre entreprises. Un restaurant peut être parfaitement conforme NF525 et totalement démuni face à l'obligation de réception de septembre 2026. Les deux se traitent séparément.

Dois-je émettre une facture électronique pour chaque couvert ?

Non. Une addition remise à un client particulier est une note, pas une facture au sens de la réforme. Elle n'entre pas dans le périmètre de la facturation électronique. Vos ventes aux particuliers relèveront du e-reporting, avec des données transmises de façon agrégée par journée, et seulement à partir du 1er septembre 2027 pour une TPE.

Un client me demande une facture au nom de sa société, que faire ?

C'est une opération entre professionnels, donc une vraie facture. Aujourd'hui vous la produisez librement. À partir du 1er septembre 2027, ces factures devront passer par une plateforme agréée et comporter les nouvelles mentions obligatoires, dont le numéro SIREN du client. Les repas d'affaires et les séminaires sont concernés, même s'ils représentent une part modeste de votre chiffre d'affaires.

Que risque un restaurant dont la caisse n'est pas certifiée ?

L'amende atteint 7 500 € par système de caisse non conforme, appliquée lors d'un contrôle. Sur le mode de preuve, la règle a changé deux fois : la loi de finances pour 2025 devait supprimer l'auto-certification au 1er septembre 2026, mais la loi du 19 février 2026 a annulé cette suppression. Vous pouvez donc justifier votre conformité soit par un certificat d'un organisme accrédité, soit par une attestation individuelle de votre éditeur. Les obligations de fond, elles, n'ont pas bougé.